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Vidéos : Eau douce, cycle hydrologique et gestion durable

Vidéo 1

1. Introduction et expertise

  • Instructeur : Paolo Perona, professeur en hydraulique et ingénierie de l’eau à l’EPFL.
  • Expertise : hydraulique théorique et expérimentale, morphodynamique des rivières et gestion des ressources en eau.
  • Objectif du cours : comprendre le rôle de l’eau douce, son cycle, sa disponibilité et l’importance d’une gestion durable pour les besoins humains et environnementaux.

2. La Terre : une situation astronomique unique

  • La Terre est la seule planète du système solaire où l’eau peut coexister sous trois formes :
    • Gazeuse
    • Liquide
    • Solide
  • Conditions de pression et température :
    • Elles permettent d’être à proximité du point critique, ou point triple, du diagramme des phases.

Comparaison planétaire

  • Vénus :
    • Trop près du Soleil
    • L’eau n’existe que sous forme de vapeur
  • Mars :
    • Trop loin du Soleil
    • L’eau n’existe que sous forme solide
  • Terre :
    • À la bonne distance
    • Permet un ajustement parfait pour la vie

3. L’eau comme moteur des processus terrestres

  • L’eau alimente des processus fondamentaux qui façonnent la planète.

Géomorphologie

  • L’altération des roches produit environ 100 milliards de tonnes de sédiments par an.
  • Cela représente :
    • 17 000 fois la pyramide de Gizeh
    • Ou 70 % du Mont Everest

Érosion et transport

  • Environ 20 % du sol érodé est livré aux océans.
  • Cela correspond au ratio de livraison des sédiments.

Écomorphodynamique

  • Il s’agit de l’interaction entre les processus physiques, comme l’eau et le sable, et les processus biologiques.
  • Cette interaction crée les habitats naturels.

4. L’hydrosphère et l’écosystème

  • Zones abiotiques (inertes) :
    • Atmosphère
    • Hydrosphère, c’est-à-dire l’eau sous toutes ses formes
    • Lithosphère
  • Définition de l’écosystème :
    • Intersection entre une sphère biotique, donc vivante, et une sphère abiotique
    • L’ensemble forme l’écosphère

Rôle métabolique

  • Photosynthèse :
    • L’eau est un réactif pour les plantes
  • Respiration :
    • L’eau est un produit, ou déchet naturel, pour les animaux

5. Le cycle hydrologique et transport

  • Le cycle hydrologique correspond aux transferts d’eau entre les réservoirs terrestres.
  • L’eau y est renouvelable, ce qui impose de préserver les processus permettant ce renouvellement.

Mécanismes de transport

  • Advection :
    • Déplacement dû au mouvement d’un fluide
    • Exemple : air chaud transportant la vapeur
  • Convection :
    • Transfert de chaleur ou de matière par mouvement interne du fluide
    • Exemple : eau chaude qui monte
  • Diffusion :
    • Mouvement des particules d’une zone concentrée vers une zone moins concentrée, sans mouvement global du fluide
    • Exemple : parfum

Équilibres et disparités

  • Sur Terre :
    • Précipitations > évapotranspiration
    • Cela crée les rivières et glaciers
  • Sur Mer :
    • Évaporation > précipitations
  • Répartition de l’évaporation terrestre :
    • 25 % finit dans la mer
    • 75 % retombe sur terre

6. Chiffres clés sur la disponibilité de l’eau

  • L’eau est abondante, mais la part utilisable est infime.

Données générales

  • Volume total sur Terre :
    • 1,4 milliard de km³
    • Soit 600 000 Monts Everest
  • Salinité :
    • L’eau de mer contient 33 à 37 g de sel par litre

Répartition de l’eau

  • Eau salée :
    • 97,5 %
  • Eau douce :
    • 2,5 % seulement du total

Répartition de l’eau douce

  • Glaces et neiges :
    • 68,9 %
    • Difficilement accessible
  • Eaux souterraines :
    • 30,8 %
    • Nécessitent des pompes
  • Lacs et rivières :
    • 0,3 % seulement

Conclusion cruciale

  • L’eau douce directement accessible ne représente que 0,0075 % de l’eau totale sur Terre.
  • Cela correspond à seulement 45 Monts Everest sur les 600 000 initiaux.

Vidéo 2

1. L’eau en tant que ressource

  • Les ressources naturelles sont classées en fonction de leur capacité à se régénérer.
  • La renouvelabilité désigne la vitesse à laquelle une ressource peut se reconstituer une fois consommée.
  • Les ressources non renouvelables, comme le pétrole ou le charbon, se reconstituent très lentement, voire pas du tout.
  • L’eau, sous toutes ses formes, tout comme l’énergie solaire, est une ressource renouvelable car elle se régénère naturellement à l’échelle humaine.

2. Le temps de renouvellement de l’eau

  • Les cycles hydrologiques déplacent l’eau sur Terre et garantissent sa régénération.
  • Cependant, les perturbations de ce cycle modifient la durabilité des ressources.
  • Le temps de renouvellement est très variable :
    • De quelques heures
    • À des milliers d’années selon les masses d’eau concernées
  • Les très grands stocks d’eau nécessitent un temps de renouvellement largement décalé par rapport à l’échelle de nos vies humaines.

Calcul pour l’atmosphère

  • Le volume d’eau dans l’atmosphère dépend :
    • De l’évaporation, qui apporte l’eau
    • Des précipitations, qui la retirent
  • En considérant une moyenne constante, ou régime permanent :
    • L’évaporation est égale aux précipitations
  • En divisant le stock d’eau moyen par le flux annuel, on estime que l’eau reste environ 8,22 jours dans l’atmosphère.
  • Cela signifie qu’en moyenne, un événement de précipitation décharge l’atmosphère environ une fois par semaine.

3. Renouvellement quantitatif vs qualitatif

  • Le ruissellement permet de recharger l’eau en quantité.
  • Il restaure également sa qualité au fil du temps.
  • L’écoulement fluvial est l’élément le plus important du cycle hydrologique.
  • Si l’Homme arrêtait de polluer les rivières, l’eau pourrait retrouver sa pureté naturelle.

Pollution

  • La pollution chimique, industrielle, pharmaceutique ou agricole, ainsi que les matériaux résistants comme les microplastiques ou les PFAS, peuvent persister pendant des dizaines d’années.
  • Par conséquent, la qualité de l’eau et les écosystèmes peuvent être affectés bien au-delà du simple temps de renouvellement physique de l’eau.

Leçon à retenir

  • Le système terrestre n’a pas une capacité infinie.
  • Il est impératif de concevoir une charge polluante maximale tolérable pour les activités humaines afin de garantir une conception durable.

Exemple

  • En juin 2024, la mer Adriatique a connu une prolifération d’algues.
  • Cette situation a été causée par l’accumulation de nutriments, azote et phosphore, suite à une sécheresse, exacerbée par des pluies exceptionnelles et le lent renouvellement de cette mer peu profonde.

4. L’utilisation de l’eau douce dans le monde

Moyennes mondiales

  • 69 % de l’eau douce est utilisée pour les activités agricoles.
  • 19 % est destinée à l’industrie.
  • 12 % est réservée aux usages domestiques.

Impact des revenus des pays

  • La répartition de l’utilisation de l’eau dépend fortement du revenu interne du pays.
  • Pays à faibles revenus :
    • Utilisent proportionnellement beaucoup plus d’eau pour l’agriculture
  • Pays à revenus élevés :
    • Utilisent davantage d’eau pour l’industrie et l’usage domestique
    • Cela est lié à la densité de population et au niveau de disponibilité des biens de consommation

5. Utilisations consommatrices vs non consommatrices

  • Utilisations consommatrices :
    • Ce sont toutes les utilisations qui altèrent la disponibilité de l’eau après son usage
    • Soit en modifiant sa quantité
    • Soit en modifiant sa qualité
    • Presque toutes nos utilisations entrent dans cette catégorie
  • Utilisations non consommatrices :
    • Elles ne modifient pas la quantité d’eau
    • Mais elles altèrent sa distribution dans le temps ou l’espace
  • Exemple :
    • Un barrage qui stocke de l’eau modifie le régime d’écoulement naturel de la rivière
    • Mais ne consomme pas l’eau au sens strict

Vidéo 3

1. La gestion des ressources en eau : un enjeu de responsabilité

  • La durabilité ne consiste pas seulement à trouver une solution technologique.
  • Elle exige également de la responsabilité.

Exemple en Afrique

  • Une installation de pompage solaire, financée par un pays riche, a gaspillé de l’eau pendant près de trois ans, à raison de 8 heures par jour.
  • La cause était simplement un tuyau trop petit pour la capacité de la pompe.

Conflit international : bassin de l’Amou-Daria

  • Ce bassin, grand comme 5,5 fois la Suisse, est partagé entre cinq pays :
    • Afghanistan
    • Kirghizistan
    • Tadjikistan
    • Turkménistan
    • Ouzbékistan
  • Depuis les années 1960, de grands projets d’irrigation ont réduit les apports d’eau vers la mer d’Aral à moins de 10 % de leur niveau naturel.
  • Conséquence :
    • La mer d’Aral s’assèche drastiquement
    • Car l’évaporation y dépasse largement les apports d’eau

2. L’état des rivières mondiales et les limites planétaires

  • Le problème de la régulation des rivières est mondial.

Régulation

  • Une carte mondiale permet de classer les rivières selon leur état :
    • Écoulement naturel
    • Bonne connectivité
    • Fortement impactées ou régulées

Pollution par les déchets

  • L’état des rivières est aussi mesuré en kilotonnes annuelles de déchets solides municipaux qui s’écoulent dans les bassins fluviaux.
  • Ces déchets incluent :
    • Aliments
    • Plastiques
    • Papier
    • Autres déchets solides

Conclusion

  • La combinaison de la régulation excessive et de la pollution explique pourquoi la limite planétaire pour l’eau douce est aujourd’hui considérée comme dépassée.

3. Les systèmes dynamiques complexes : le point de non-retour

  • La Terre est un système complexe dont le comportement au-delà de ses limites est en partie inconnu.

Système simple

  • Si l’on modifie un paramètre, inverser le processus permet de revenir rapidement à l’état d’équilibre initial en suivant la même courbe.

Système complexe

  • En augmentant la pression sur le système, on peut provoquer une transition discontinue, donc brutale, vers un nouvel état d’équilibre.

Le non-retour direct

  • Pour revenir à l’état initial, il ne suffit pas de réduire la pression au niveau où la rupture a eu lieu.
  • Il faut une réduction beaucoup plus importante du paramètre de contrôle.

Exemple : désertification

  • Si le manque d’eau transforme un écosystème en désert, par exemple par mort de la végétation, il ne suffira pas de simplement ramener de l’eau pour restaurer l’écosystème.
  • Il faudra réduire drastiquement la pression sur le système pour espérer un retour en arrière.

4. Défis actuels et solutions pour une gestion durable

  • La gestion durable est essentielle pour garantir l’accès à l’eau potable.
  • Les pénuries locales risquent de devenir globales.

Pollution de l’eau

  • Problème :
    • Rejets industriels et agricoles
    • Eau grise
  • Solutions :
    • Imposer des règles strictes
    • Améliorer les technologies de traitement

Dégradation des écosystèmes

  • Problème :
    • Altération des cours d’eau
    • Perte de biodiversité
  • Solutions :
    • Gestion intégrée
    • Libération de débits variables
    • Programmes de restauration des écosystèmes

Impact du changement climatique

  • Problème :
    • Intensification des extrêmes
  • Solutions :
    • Coordination
    • Coopération

Concurrence intersectorielle

  • Problème :
    • Agriculture vs industrie vs habitats
  • Solutions :
    • Allocation équitable de l’eau
    • Technologies d’économie d’eau
    • Collaborations entre les secteurs

Gouvernance

  • Problème :
    • Faible réglementation
    • Manque de coordination
  • Solutions :
    • Renforcer les politiques de coopération
    • Améliorer l’engagement de toutes les parties prenantes

5. Études de cas et stratégies pratiques

Cas 1 : communauté menacée par la pénurie d’eau

  • Trois stratégies pratiques à mettre en place :

Collecte d’eau de pluie

  • Réduit la dépendance à la rivière
  • Prévient l’érosion
  • Recharge les nappes phréatiques

Éducation à la conservation

  • Sensibiliser la population :
    • Réparer les fuites
    • Utiliser des appareils économes
  • Cela permet de réduire significativement la demande globale

Restauration des zones riveraines

  • Les zones tampons :
    • Préviennent l’érosion
    • Filtrent les polluants
    • Améliorent la qualité de l’eau de l’écosystème fluvial

Cas 2 : projet EIRA en Mauritanie

  • Lieu :
    • Nouakchott
  • Problème :
    • En raison de l’urbanisation et de la topographie très plate, la nappe phréatique affleure à la surface
    • Cela crée des étendues d’eau stagnante permanentes
  • Solution testée :
    • L’afforestation
  • Principe :
    • Planter des arbres qui, par leur transpiration, pompent l’eau vers l’atmosphère
    • Cela permet d’abaisser le niveau de la nappe et d’augmenter la résilience face aux inondations

6. Conclusion générale

  • Une gestion durable nécessite des solutions technologiques.
  • Elle nécessite aussi des approches raisonnables basées sur la prise de conscience, via l’éducation ou l’expérience.

Évolution des professionnels de l’eau

  • Historiquement, la discipline était dominée par les ingénieurs et la construction.
  • Aujourd’hui, elle intègre aussi des écologues et des spécialistes de la nature pour faire face aux défis environnementaux et réconcilier l’ingénierie avec la nature.

Principe de précaution

  • Face à l’inconnu du comportement des systèmes complexes au-delà de leurs limites, le principe de précaution doit devenir le facteur clé des futures actions politiques et économiques.

Corrections de vos quizz

Question 5.1.5 — Éléments de l’écosystème

  • L’eau forme un écosystème à l’intersection de :
    • La biosphère
    • L’atmosphère
    • La lithosphère

Question 5.1.9 — Renouvellement dans l’atmosphère

  • Le temps de séjour de l’eau dans l’atmosphère est influencé par :
    • Les flux d’évaporation
    • Les flux de précipitations
  • Ces flux s’équilibrent en régime permanent.

Question 5.2.8 — Défis principaux

  • Les défis majeurs actuels cités dans le cours sont :
    • La pollution de l’eau
    • Le changement climatique

Question 5.2.10 — Impacts du changement climatique

  • Le changement climatique entraîne une intensification des extrêmes.
  • Cela signifie des événements moins fréquents, mais beaucoup plus intenses.