Résumé des vidéos : Durabilité, climat et cycle du carbone
Résumé de la vidéo 1
1. Introduction et contexte
Ce cours de niveau Bachelor aborde la durabilité en se concentrant sur l’impact de l’humanité sur la planète, avec des exemples liés au climat et au cycle du carbone.
Le professeur dirige le groupe SENSE à l’EPFL et préside la fondation Ice Memory, apportant une expertise sur les gaz à effet de serre, le climat terrestre et la science polaire.
2. Croissance démographique et énergétique
La population humaine est passée d’environ 4 millions d’individus il y a 10 000 ans à 1 milliard au début du XIXᵉ siècle, pour atteindre 8 milliards aujourd’hui, avec une projection à 10 milliards pour 2050.
Cette croissance a des impacts majeurs, notamment par l’occupation des sols via l’agriculture et l’urbanisation.
La consommation d’énergie primaire a explosé de manière disproportionnée :
Multipliée par 30 entre 1800 et 2023
Tandis que la population n’était multipliée que par 8 sur la même période
L’impact humain dépend donc de l’augmentation de la population, mais surtout de l’augmentation drastique des usages énergétiques par individu.
Exemple :
Bien que la pandémie de COVID-19 ait fait chuter le trafic aérien de 60 % en 2020, la consommation mondiale d’énergie primaire n’a diminué que de 5 %.
3. L’exploitation des ressources — l’exemple du cuivre
Les besoins en ressources minérales, biologiques et hydrauliques ne cessent de croître.
Le cuivre, essentiel pour l’électricité et l’électronique, a vu sa production passer de 0,5 million de tonnes par an en 1900 à 20 millions de tonnes dans la décennie 2020.
La transition vers les voitures électriques va encore augmenter cette demande.
Le recyclage commence cependant à réduire indirectement les besoins en production de matières premières neuves.
4. La « Grande accélération » et ses impacts globaux
Les changements mondiaux actuels, caractérisés par une croissance exponentielle de divers indicateurs (PIB, population urbaine, transports, usage de l’eau, etc.), sont résumés sous le terme de « Grande accélération ».
Ces changements socio-économiques entraînent de profonds impacts environnementaux.
Impacts physiques
Augmentation de la température de surface
Artificialisation des sols
Impacts chimiques
Hausse des gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d’azote)
Augmentation de l’ozone stratosphérique
Acidification des océans
Augmentation des apports d’azote sur les côtes
Impacts biologiques
Hausse des captures de poissons
Perte de forêts tropicales
Dégradation de la biosphère
Perte de biodiversité
Conclusion
Ce modèle reposant sur une croissance exponentielle est insoutenable pour l’équilibre physique, chimique et biologique de la planète.
Réponses au quiz — vidéo 1
Question 3.1.1 : Quels sont les impacts de la croissance démographique humaine sur la planète ?
✅ Augmentation des besoins en ressources
✅ Augmentation de l’urbanisation
Question 3.1.2 : Quels facteurs ont contribué à l’augmentation de la consommation énergétique depuis la révolution industrielle ?
✅ Augmentation des usages industriels
✅ Croissance de la population
Question 3.1.3 : Quelles stratégies peut-on mettre en place pour gérer durablement les ressources comme le cuivre ?
✅ Réduction de l’utilisation des ressources premières
✅ Recyclage des matériaux
Question 3.1.4 : Quels sont les impacts environnementaux de l’activité humaine sur la planète ?
✅ Perte de biodiversité
✅ Augmentation des gaz à effet de serre
✅ Augmentation de la température de surface
✅ Augmentation de l’acidification des océans
Résumé de la vidéo 2
1. Le bilan énergétique de la Terre et l’effet de serre
La température à la surface de la Terre résulte d’un équilibre entre l’énergie reçue du soleil et l’énergie renvoyée vers l’espace.
En moyenne, 340 watts par mètre carré (W/m²) arrivent au sommet de notre atmosphère.
Sur cette quantité :
Environ un quart est réfléchi par les nuages ou la surface
Un autre quart est absorbé par l’atmosphère
Près de la moitié (environ 160 W/m²) est absorbée à la surface de la Terre
La Terre émet ensuite de l’énergie sous forme de rayonnement infrarouge vers l’espace.
Cependant, 95 % de cette énergie infrarouge est absorbée par l’atmosphère, puis réémise vers la surface, contribuant fortement à son réchauffement.
L’équilibre est atteint lorsque l’énergie solaire entrante correspond à l’énergie renvoyée vers l’espace :
Rayonnement infrarouge
Énergie solaire réfléchie
Sans cet effet de serre naturel, la température moyenne sur Terre serait de -18 °C au lieu des 15 °C actuels, et il n’y aurait pas de vie.
2. Comparaison avec les autres planètes du système solaire
Vénus
Elle reçoit deux fois plus d’énergie solaire que la Terre.
Seule une infime partie atteint sa surface car ses nuages d’acide sulfurique sont très réfléchissants.
Son atmosphère composée à 95 % de CO2 et sa pression 100 fois supérieure à celle de la Terre génèrent un effet de serre massif.
Résultat :
Température de surface de 462 °C
Mars
Plus éloignée, elle reçoit deux fois moins d’énergie solaire que la Terre.
Bien que son atmosphère contienne le même pourcentage de CO2 que Vénus, sa pression atmosphérique est 150 fois plus faible que sur Terre.
Son effet de serre est donc très faible.
Avec des tempêtes de poussière qui la refroidissent, sa température moyenne est de -55 °C.
3. Les facteurs influençant le climat terrestre dans le temps
À l’échelle de centaines de millions d’années :
Le contrôle majeur du climat est la quantité de CO2 dans l’atmosphère
Celle-ci dépend d’une balance entre la tectonique et le volcanisme
La tectonique, par l’érosion des montagnes, transfère le CO2 vers l’océan et diminue sa présence dans l’atmosphère.
Le volcanisme est une source majeure de CO2.
À l’échelle courte, de quelques décennies à quelques milliers d’années :
L’activité solaire varie cycliquement et influence le climat
Le volcanisme a au contraire un effet refroidissant grâce aux gouttelettes de sulfates qui réfléchissent l’énergie solaire vers l’espace
Aujourd’hui, les humains déséquilibrent ce système naturel en ajoutant des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
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Question 3.2.1 : Quels sont les facteurs qui influencent le climat terrestre sur des échelles de temps de millions d’années ?
✅ Volcanisme
Question 3.2.2 : Quelles planètes présentent un effet de serre significatif ?
✅ Terre
✅ Vénus
Question 3.2.3 : Quels éléments contribuent à l’équilibre énergétique de la Terre ?
✅ Énergie infrarouge émise par la surface
✅ Énergie solaire réfléchie
Question 3.2.4 : Comment le volcanisme influence-t-il le climat terrestre ?
✅ Refroidissement par aérosols de sulfate
✅ Augmentation du CO2 atmosphérique
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1. Le GIEC et le forçage radiatif
Les Nations Unies ont créé le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour évaluer l’état des connaissances sur le changement climatique.
Les activités humaines depuis 1750 ont généré un forçage radiatif supplémentaire de +3,8 watts par mètre carré (W/m²), dû à l’accumulation de divers gaz à effet de serre :
CO2
Méthane
Protoxyde d’azote
Ozone
Vapeur d’eau stratosphérique
Les aérosols (particules de pollution) ont, à l’inverse, un effet refroidissant estimé à -1,1 W/m².
Le bilan net de l’impact humain est donc un réchauffement de +2,7 W/m².
Les variations naturelles du soleil ou des volcans ne suffisent pas à expliquer ce réchauffement.
2. Les scénarios futurs (RCP) et la vitesse du changement
Le GIEC modélise le XXIᵉ siècle à l’aide de scénarios appelés RCP (Representative Concentration Pathways), qui correspondent à différents niveaux de forçage radiatif.
Exemples :
RCP2.6 = +2,6 W/m²
RCP4.5 = scénario intermédiaire
RCP8.5 = poursuite du rythme actuel des émissions
Ces scénarios projettent un réchauffement global de +1,5 °C à +4,5 °C d’ici la fin du siècle.
La règle est linéaire :
L’émission de 1000 gigatonnes (Gt) de CO2 augmente la température mondiale d’environ 0,5 °C
Actuellement, nous émettons 40 Gt par an
Ce qui est alarmant, c’est la vitesse de ce réchauffement :
La transition naturelle depuis la dernière ère glaciaire a pris 10 000 ans pour un réchauffement de 4 °C
Les scénarios actuels projettent une amplitude similaire en seulement 300 ans
3. Impacts régionaux, santé et points de bascule
Les impacts varient selon les régions :
Le monde s’est réchauffé de +1,2 °C
La Suisse a déjà subi un réchauffement de +2,8 °C
Cela s’accompagne de :
Canicules
Fonte des glaciers
Fortes pluies hivernales
Sécheresses estivales
La hausse de la température combinée à l’humidité pourrait rendre certaines régions, comme l’Asie du Sud-Est, inhabitables pour l’être humain sans climatisation.
Des événements extrêmes, comme les ouragans et les inondations, deviendront plus fréquents.
Le franchissement de certains seuils de température peut déclencher des points de bascule climatiques.
Il s’agit de réorganisations abruptes et irréversibles du système.
Exemple :
La désintégration de la calotte glaciaire du Groenland entraînerait une hausse de 7 mètres du niveau des mers.
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Question 3.2.5 : Quels gaz suivants contribuent au forçage radiatif selon le GIEC ?
✅ Ozone et vapeur d’eau stratosphérique
✅ Méthane et protoxyde d’azote
Question 3.2.6 : À quoi correspondent les valeurs numériques des RCP ?
✅ Au forçage radiatif (en W/m²)
Question 3.2.7 : Quelles conséquences globales sont attendues avec un réchauffement de plusieurs degrés ?
✅ Augmentation du niveau des mers
✅ Augmentation des phénomènes de sécheresse
✅ Augmentation de la fréquence des vagues de chaleur
Question 3.2.8 : Quels phénomènes peuvent survenir au-delà de certains seuils de réchauffement ?
✅ Réorganisation abrupte du système climatique
✅ Désintégration de la calotte glaciaire du Groenland
Question 3.2.9 : Quelles affirmations sont vraies concernant les émissions de CO2 et le réchauffement ?
✅ Les émissions annuelles actuelles sont de 40 Gt de CO2
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1. Le cycle du gaz carbonique (CO2)
Le CO2 s’échange entre l’atmosphère et plusieurs réservoirs :
Les réservoirs fossiles (charbon, pétrole, gaz)
La biosphère terrestre (végétation et sols, y compris sols gelés)
Les océans, qui constituent de loin le plus gros réservoir échangeable, notamment via le carbone inorganique dissous
Les réservoirs intermédiaires (rivières, lacs, régions côtières, sédiments)
Naturellement, ces échanges sont dominés par :
La photosynthèse, qui extrait le CO2 de l’atmosphère
La respiration, qui en émet
La biosphère continentale contrôle 60 % de ces échanges, et les océans 40 %.
L’impact humain est flagrant :
La concentration de CO2 atmosphérique est passée de 280 ppm au début du XIXᵉ siècle à 420 ppm en 2024
Soit une hausse de plus de 50 % en deux siècles
En 2023, les humains ont émis 11 gigatonnes (Gt) de carbone, soit 40 Gt de CO2.
Ces émissions proviennent principalement :
De la combustion d’énergies fossiles (9,6 Gt)
De la modification de l’usage des sols, comme la déforestation
Heureusement, la moitié de ces émissions est réabsorbée par la surface terrestre et par les océans.
Les technologies actuelles de capture du CO2 atmosphérique sont encore dérisoires :
3 000 tonnes capturées en 2023
Il faudrait multiplier cette capacité par 10 millions pour compenser les émissions
Le problème majeur est le bilan cumulé :
Depuis 1850, l’humanité a ajouté 485 Gt de carbone via les fossiles
Et 220 Gt via l’usage des sols
2. Le cycle du méthane (CH4)
Le méthane est naturellement produit par la décomposition de matière organique sans oxygène, dans des milieux anaérobies comme :
Les marécages
La panse des ruminants
Actuellement, environ 600 millions de tonnes sont émises par an.
Les bilans comportent encore de larges incertitudes quant aux sources et aux puits exacts.
La perturbation humaine est responsable de 60 % du bilan de ce gaz.
Cela a multiplié sa concentration atmosphérique par 2,7 depuis 1800.
Les sources humaines comprennent principalement :
L’agriculture (élevage de ruminants, culture du riz)
L’exploitation du gaz naturel
Les décharges
Les feux de biomasse
Bien que le méthane soit détruit par oxydation dans l’atmosphère, cette réaction crée :
De l’ozone troposphérique
De la vapeur d’eau stratosphérique
Ces deux éléments sont eux-mêmes des gaz à effet de serre.
Point crucial :
Le temps de résidence du méthane dans l’atmosphère n’est que de 10 ans
Réduire drastiquement ses émissions aurait donc un bénéfice rapide sur le climat
Réponses au quiz — vidéo 4
Question 3.3.1 : Quels réservoirs échangent actuellement du carbone avec l’atmosphère ?
✅ Réservoirs fossiles comme le charbon
✅ Océans avec carbone organique
✅ Biosphère terrestre et sols gelés
Question 3.3.2 : Quelles sont les principales sources d’émissions de CO2 dues aux activités humaines ?
✅ Combustion d’énergies fossiles
✅ Modification de l’usage des sols
Question 3.3.3 : Quelles activités humaines contribuent aux émissions de méthane ?
✅ Élevage de ruminants
✅ Exploitation du gaz naturel
✅ Culture du riz
Question 3.3.4 : Quels processus naturels modulent le CO2 dans l’atmosphère ?
1. Les rétroactions entre le climat et le cycle du carbone
Dans un climat qui se réchauffe, la nature pourrait déclencher des surprises amplifiant le phénomène.
Les océans et la biosphère terrestre pourraient voir leur capacité d’absorption du CO2 modifiée.
Les océans risqueraient même de relarguer une partie du CO2 qu’ils ont accumulé.
Le risque majeur est la libération de carbone stocké dans des réservoirs naturels.
Exemple :
Le dégel du permafrost (sols gelés d’Arctique) est déjà en cours
Ces sols contiennent deux fois plus de carbone que l’atmosphère
Un autre danger concerne la décomposition des hydrates de gaz dans les sédiments marins, qui libérerait du méthane.
L’augmentation des feux de forêts boréales participe aussi à ces émissions et accélère la fonte des sols.
Même en limitant le réchauffement à +1,5 degré, ces rétroactions pourraient libérer 100 à 200 gigatonnes de carbone supplémentaires.
2. Les budgets carbone et la trajectoire des émissions
Il est impératif de réduire globalement nos émissions.
Pour espérer limiter le réchauffement à +1,5 degré d’ici la fin du siècle :
Le budget restant n’est plus que de 200 gigatonnes de CO2 équivalent
Cela représente à peine quatre années d’émissions au rythme actuel
Pour une limite à 2 degrés :
Le budget est de 1 000 gigatonnes
Soit environ 20 ans d’émissions
Développer nos capacités à capter le CO2 de l’atmosphère sera indispensable.
3. Le cas de la Suisse et les émissions importées
La Suisse a réduit ses émissions territoriales d’environ 20 % depuis 1990, contre 29 % pour l’Europe.
Cependant, si l’on compte les flux commerciaux, le CO2 importé représente près de trois fois le CO2 produit directement sur le sol suisse.
À titre d’exemple, les citoyens suisses prennent l’avion en moyenne trois fois plus que le reste des Européens.
4. Répondre aux arguments sceptiques
Face à l’idée que le climat a toujours changé, les scientifiques soulignent que le changement actuel ne s’explique pas par des processus naturels et que sa vitesse est inédite.
À ceux qui pensent que ce n’est pas si grave, il faut rappeler que la fonte de la cryosphère impactera 3 milliards d’individus via la perte des ressources en eau et la montée des mers.
Cela générera de fortes pressions migratoires.
Enfin, bien que les émissions anthropiques semblent petites face aux échanges naturels, l’ajout de carbone fossile crée un déséquilibre critique dans un cycle jusque-là stable.
Réponses au quiz — rétroactions climat-carbone
Question 3.4.1 : Quels sont les effets possibles d’un climat plus chaud sur le cycle du carbone ?
✅ Décomposition d’hydrate de gaz dans les sédiments marins
✅ Mobilisation du carbone des sols gelés
✅ Relargage de CO2 par les océans
Question 3.4.2 : Quelles sont les conséquences possibles du réchauffement climatique sur l’environnement ?
✅ Augmentation de la fonte des glaces
✅ Diminution de la biodiversité
Synthèse globale : l’impact de l’humanité sur la Terre et le climat
1. La « Grande Accélération » : démographie, énergie et ressources
L’impact de l’humanité sur la planète a connu une croissance exponentielle depuis la révolution industrielle, période qualifiée de « Grande accélération ».
La population est passée d’environ 1 milliard au début du XIXᵉ siècle à 8 milliards aujourd’hui.
Cependant, l’impact humain ne provient pas uniquement de l’augmentation de la population, mais surtout de l’explosion des usages par individu.
La consommation d’énergie primaire a été multipliée par 30 entre 1800 et 2023.
Cette dépendance est si forte qu’une crise mondiale majeure comme la pandémie de COVID-19 n’a fait baisser cette consommation que de 5 %.
Nos besoins en ressources explosent.
Pour des éléments fondamentaux comme le cuivre, dont la production a atteint 20 millions de tonnes par an, la stratégie la plus viable pour gérer durablement la ressource face à l’électrification mondiale est le recyclage.
Ces activités génèrent des impacts :
Physiques : hausse des températures
Chimiques : hausse des gaz à effet de serre, acidification des océans
Biologiques : perte massive de biodiversité
2. La machine climatique et l’effet de serre
Le climat terrestre repose sur un équilibre énergétique :
Le sommet de l’atmosphère reçoit en moyenne 340 watts par mètre carré (W/m²) du soleil
Cette énergie doit être équilibrée par l’énergie renvoyée vers l’espace
L’énergie renvoyée vers l’espace prend deux formes :
Énergie solaire réfléchie
Énergie infrarouge émise
Sans l’effet de serre naturel, la température moyenne sur Terre serait de -18 °C au lieu des 15 °C actuels.
La vie n’y serait pas possible.
Comparaison planétaire :
Vénus possède un effet de serre massif générant une température de surface de 462 °C
Mars, avec une atmosphère très ténue, présente un effet de serre faible et une température de -55 °C
À l’échelle de millions d’années, le climat est régulé par la tectonique et le volcanisme.
À court terme, le volcanisme a paradoxalement un effet refroidissant grâce aux aérosols de sulfate qui réfléchissent l’énergie solaire.
3. La perturbation anthropique du cycle du carbone
Naturellement, le cycle du carbone est modulé par la photosynthèse et la respiration entre l’atmosphère, les océans et la biosphère terrestre.
L’humain a profondément déséquilibré ce cycle.
Pour le dioxyde de carbone (CO2) :
En extrayant et brûlant des réservoirs fossiles (charbon, pétrole, gaz)
En modifiant l’usage des sols (déforestation)
L’humanité a fait bondir la concentration de CO2 de 280 ppm à 420 ppm en deux siècles
Pour le méthane (CH4) :
L’humain est responsable de 60 % de ses émissions actuelles
Principalement via l’élevage de ruminants, la culture du riz, l’exploitation du gaz naturel et les décharges
Bien que son temps de résidence ne soit que d’environ 10 ans, son potentiel de réchauffement est immense
4. Forçage radiatif et projections du GIEC
Le GIEC évalue le dérèglement via le « forçage radiatif ».
Bilan radiatif :
Les gaz à effet de serre anthropiques génèrent un forçage supplémentaire de +3,8 W/m²
Les aérosols atmosphériques ont un effet refroidissant estimé à -1,1 W/m²
Le bilan net est donc de +2,7 W/m²
Les projections RCP envisagent un réchauffement de +1,5 °C à +4,5 °C d’ici 2100.
Ce qui est critique, c’est la vitesse :
Une transition naturelle de 4 °C prenait environ 10 000 ans
Aujourd’hui, une amplitude comparable pourrait se produire en environ 300 ans
Le réchauffement est linéairement relié aux émissions cumulées :
L’émission de 1000 gigatonnes de CO2 augmente la température d’environ 0,5 °C
5. Rétroactions, points de bascule et défis politiques
L’impact humain s’inscrit dans une dynamique systémique dangereuse.
Boucles de rétroaction :
Un climat plus chaud risque de mobiliser le carbone stocké naturellement
Par exemple via la fonte des sols gelés (permafrost) en Arctique
Ou via la décomposition d’hydrates de gaz sous-marins
Points de bascule :
Même avec un réchauffement inférieur à +2 °C, des réorganisations abruptes et irréversibles, comme la désintégration de la calotte glaciaire du Groenland, sont fortement probables
L’illusion technologique :
Les procédés industriels de captage du CO2 sont aujourd’hui très marginaux
Ils ne retirent qu’environ 3 000 tonnes par an, bien loin du millième de nos émissions
La responsabilité locale et l’empreinte importée :
Le budget carbone restant est critique, avec environ 4 années d’émissions au rythme actuel pour viser +1,5 °C
Si la Suisse semble être un bon élève en réduisant ses émissions territoriales, son impact réel est gonflé par ses importations
Le CO2 importé représente près de trois fois le CO2 produit sur le sol suisse
Cela s’explique notamment par des habitudes de consommation comme l’usage intensif de l’avion